La Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC) du Bassin d'Aurillac mobilise entreprises, collectivités et acteurs de l'emploi au service du développement économique et territorial.

Anticiper les emplois et les compétences pour maintenir la compétitivité des entreprises et renforcer l’attractivité du Bassin d’Aurillac ; renforcer un écosystème favorable au développement des entreprises ; anticiper et accompagner les mutations économiques du territoire en s’appuyant sur les entreprises, leur stratégie et leurs besoins : tels sont les enjeux qui ont conduit la Communauté d’Agglomération du Bassin d’Aurillac à initier une démarche de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences de territoire (GPEC). Des enjeux de développement pour les entreprises qui rejoignent les enjeux démographiques et de développement du territoire !

La GPEC est ainsi partie intégrante du volet économique de la stratégie globale portée par la CABA pour son territoire. Elle s’articule avec les outils fonciers et immobiliers mis à disposition des entreprises, et le renforcement de l’ingénierie de projet pour conforter l’innovation et la structuration territoriale. Pour accompagner la dynamique économique à 5/10 ans du Bassin d’Aurillac, la GPEC est une démarche :
- bottom up, qui part des besoins des entreprises ;
- collective, qui associe l’ensemble des acteurs pour contribuer à l’émergence d’une démarche partagée et efficiente tout en conservant à chacun son périmètre d’intervention et de responsabilité ;
- opérationnelle, le diagnostic n’étant qu’un préalable à un plan d’actions territorial.

Lancée au 2e semestre 2016, la démarche de GPEC du Bassin d’Aurillac se décline en 3 phases (qui peuvent se chevaucher) :
- élaborer un diagnostic prospectif et partagé basé sur les besoins des entreprises ;
- construire ensemble les actions sur le territoire tout en enrichissant et consolidant le diagnostic de terrain ;
- expérimenter au plus tôt les actions.

Impulser une dynamique collective

Pour mener à bien ce projet, la CABA s’est appuyé sur un cabinet spécialisé en Ressources Humaines : CRP Consulting, qui a été chargé de son animation. Afin de nourrir la dynamique collective au service de l’attractivité du territoire, de l’économie et de l’emploi, la démarche intitulée « GPEC du Bassin d’Aurillac. Emploi et compétences de demain » associe au sein d’un Comité de pilotage
- des entreprises : Soulier Bâtiment, groupe Altitude, Biose, Qualiac ;
- les services de l’Etat : Service public de l’emploi, Direccte ;
- la Chambre de Commerce et d’Industrie du Cantal ;
- Pôle emploi ;
- l’APEC (Association pour l’emploi des cadres) ;
- des organisations syndicales : CPME, MEDEF, CFDT, CFE-CGC, CFTC.

Pour financer cette opération d’un coût de 65 000 € TTC, la CABA a mobilisé les soutiens de :
- l’Europe (Leader) : 43 000 €
- l’Etat (Direccte dans le cadre du CPER) : 10 000 €.

Diagnostic : optimiser et décloisonner

A l’automne 2016, un diagnostic approfondi a été réalisé auprès de 27 entreprises volontaires pour s’inscrire dans la démarche, représentant plus de 3 000 emplois, soit plus de 60% des emplois au sein des entreprises de plus de 50 salariés. Allié à la palette des secteurs d’activité concernés (IAA, industrie, construction, commerces, services, transports), cette participation large a permis de garantir une stricte représentativité de l’échantillon sondé. 26 établissements relevant du secteur marchand et 1 établissement du secteur non-marchand ont ainsi reçu en entretien individuel un consultant du cabinet CRP Consulting.

La consolidation de ces enquêtes de terrain s’est poursuivie fin 2016 et début 2017 au travers d’étapes mobilisant différents partenaires :
- 5 groupes de travail, associant plus de 50 participants, pour approfondir les enjeux associés à l’attractivité, aux métiers en tension (production et maintenance, conducteurs routiers, bouchers), et à la coordination des acteurs de l’emploi ;
- des entretiens complémentaires avec les représentants des autres secteurs d’activité (agriculture, artisanat, bâtiment, hôtellerie-restauration, services à la personne) ;
- une consolidation et une analyse des données et chiffres territoriaux (INSEE et autres),
- une validation des principales étapes lors de 3 Comités de pilotage.

Le diagnostic a fait apparaître un système actuellement à l’équilibre en matière d’emploi et de recrutements, s’appuyant sur une main d’œuvre de qualité, sérieuse, fidélisée, et des besoins connus. Cependant, des difficultés se font jour sur des métiers en tension, sur le recrutement de compétences spécifiques, et sur la mise en place de véritables stratégies prospectives de recrutement. L’étude a également identifié la nécessité d’un décloisonnement des acteurs et l’envie des entreprises de participer à la construction d’une stratégie d’attractivité économique du territoire.

Plan d’actions : c'est parti !

Sur la base du diagnostic a été élaboré un plan d’actions articulé autour de 3 axes (cf. ci-contre) :
- optimiser l’adéquation entre l’offre, la demande d’emploi et les compétences ;
- co-construire et déployer la stratégie d’attractivité du bassin d’emploi ;
- créer les conditions de décloisonnement des acteurs.

Ce plan d’actions intègre aussi des cibles prioritaires :
- une meilleure prise en compte des demandeurs d’emploi du territoire, premier vivier pour le recrutement, par le partage de la connaissance des profils des demandeurs et l’ajustement entre l’offre et la demande d’emploi (via la formation professionnelle notamment) ;
- la connexion des jeunes, dès la 3ème, et des entreprises, en valorisant les métiers et les parcours professionnels auprès des jeunes du territoire et hors territoire via des événements impliquant plus largement les entreprises ;
- le recrutement à l’extérieur en ciblant des bassins d’emploi adaptés et en mettant en place une politique d’accueil et de services pour les salariés qui s’installent durablement sur le territoire.

Répondant à la volonté d’opérationnalité, les acteurs de la GPEC du Bassin d’Aurillac ont initié les premières actions y compris en parallèle de la phase Diagnostic. La démarche est collective, elle se traduit donc par une mutualisation des actions, chacune étant portée par le ou les acteurs pertinents selon leur champ de compétence, par exemple :
- la CABA et son animateur GPEC,
- la Chambre de Commerce et d’Industrie du Cantal,
- les services de l’Etat,
- les organisations professionnelles (ex. : CPME),
- l’APEC, etc.
toujours en impliquant les entreprises concernées dans chaque secteur.

Une stratégie d’attractivité économique

En novembre 2017, dans les salons de réception du Stade Jean Alric, un séminaire élus-entreprises organisé par la CABA-GPEC a réuni 70 participants. Ce temps fort de la GPEC autour de l’enjeu de l’attractivité a été intitulé : « Partageons et construisons ensemble le futur économique de notre territoire ». Autour de 44 représentants d’entreprises ont été associés le Conseil départemental du Cantal, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, les services de l’Etat, la CCI, les chambres consulaires, organisations et syndicats professionnels.

Résolument axé sur un format collaboratif, de co-construction, ce séminaire avait pour objectif de définir des cadres de travail et d’action communs entre élus, acteurs économiques et entreprises au service de l’attractivité et de la lisibilité du Bassin d’Aurillac. Parmi les idées-force sont ressortis des valeurs communes - responsabilité sociale et environnementale des entreprises, sincérité, équilibre vie professionnelle/vie privée... - et des cibles privilégiées : les jeunes, les familles avec de jeunes enfants, les « expatriés » cantaliens. Développement des liens inter-entreprises, entre formation et entreprise, ou encore des services à destination des actifs : autant de propositions qui vont être approfondies en prenant appui sur les entreprises au cœur du projet.

Le travail se poursuit au travers de la mise en œuvre du plan d’actions, de leur suivi et de leur évaluation.

 

 

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