« Une ligne vitale pour ce territoire » : c’est le constat unanime de la Mission sénatoriale sur le transport aérien, lors d’un déplacement à la rencontre des collectivités et des acteurs économiques.

« Ici, la situation est vraiment spécifique, plus difficile qu’ailleurs. Avec la longueur des trajets, le chemin de fer et la route ne constituent pas une alternative pour rallier efficacement la capitale. » Parmi les membres de la Mission sénatoriale, le constat est unanime : « la liaison aérienne Aurillac-Paris est vitale pour ce territoire ! ».

Le 11 juillet, cinq sénateurs de la Mission d’information sénatoriale « Transports aériens et aménagement des territoires » ont consacré une journée de visite de terrain au Bassin d’Aurillac. Vincent Capo-Canellas (Seine-Saint-Denis), son Président, Josiane Costes, sa Rapporteure, Eric Gold (Puy-de-Dôme), Jean-Claude Luche (Aveyron) et Sébastien Meurant (Val-d’Oise), accompagnés de l’autre Sénateur du Cantal, Bernard Delcros, ont découvert les installations de la plateforme aéroportuaire d’Aurillac-Tronquières, avant une table-ronde avec les acteurs économiques, utilisateurs de la ligne aérienne et représentants des chambres consulaires au sein des locaux d’Agrolab’s (ex. LIAL). L’après-midi se sont tenues des réunions avec les financeurs de la ligne aérienne : représentants de l’Etat, du Département, de la CABA, de la Région, suivies d’une visite de l’entreprise Piganiol puis d’un temps d’échange autour de l’attractivité économique et touristique du territoire.

Le travail exemplaire des collectivités,
le nécessaire soutien de l’Etat

Créée à la demande du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen (RDSE) et composée de 27 sénateurs des différents groupes, la Mission d’Information a conduit depuis mi-mai de nombreuses auditions : Ministre des Transports, Président d’Aéroports de Paris, représentants de compagnies aériennes... Elle a mis en place une consultation dans le cadre d’un espace participatif et effectue des visites de terrain. « La question centrale, c’est comment améliorer la desserte du territoire, quels sont les problèmes qui se posent, quelles solutions peuvent être mises en œuvre, a expliqué son Président. En la matière, les collectivités font ici avec leurs partenaires un travail exemplaire. »

« Cette ligne aérienne est indispensable pour la vie de ce territoire : le maintien de l’activité, le développement économique avec l’implantation d’entreprises, ou encore pour le tourisme, la reconquête démographique, a souligné Josiane Costes. Le soutien de l’Etat, dans le cadre des lignes d’aménagement du territoire qui assurent la continuité territoriale, est ici absolument nécessaire. Ceci n’exclut pas le combat qui doit se poursuivre pour le train : ce sont deux sujets complémentaires et liés. »

La fréquentation toujours à la hausse

La Sénatrice du Cantal a également relevé le retour de la régularité qui redonne à la ligne aérienne une fiabilité de bonne augure pour favoriser la fréquentation. Lors du Conseil communautaire, début juillet, le Président de la CABA Michel Roussy avait indiqué que « la 3e rotation à la mi-journée est déjà un succès. Avec 3 560 passagers en juin, nous avons atteint un record historique qui nous ouvre une perspective de 40 000 passagers sur 12 mois. »

Cependant, si une intervention de l’Etat a pu être obtenue à hauteur de 9,34 M€, le dispositif de financement du déficit pour la période 2019-2023 n’est pas complètement bouclé. Aux côtés du Département et de la CABA, la Région maintient sa contribution et a été sollicitée pour l’augmenter sur les investissements de la plateforme aéroportuaire. « Mais, malgré leurs difficultés, je ne conçois pas que la ligne aérienne à vocation principalement économique ne soit pas financée par les chambres consulaires », a pointé Michel Roussy comme l’avait fait le Président du Conseil départemental. Les discussions se poursuivent en ce sens.

Financement, spécificités, pérennisation de ces lignes d’aménagement du territoire : autant de questions qui seront au cœur du rapport de la Mission d’Information sénatoriale, rendu en septembre prochain. « Les recommandations que nous ferons pourront être prises en compte dans le cadre d’une proposition de loi mais aussi lors du débat budgétaire », a précisé Vincent Capo-Canellas. L’objectif, c’est de faire valoir la place des territoires dans le cadre de la stratégie nationale du transport aérien 2025 annoncée en mars dernier par le Gouvernement.

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