mercredi 08 février 2012 - 07:49:15
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Saint(e) Jacqueline
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11 chansons originales, mûries en huit ans, et des retrouvailles au fil de 40 ans de carrière : Maxime le Forestier a partagé sa simplicité et son coin de sourire avec le public du Prisme.
«Un homme normal, qui cherche le bonheur et l’équilibre pour lui et autour de lui, et qui les trouve.» Ce clin d’œil de Maxime Le Forestier à Francis Cabrel, de passage à Aurillac il y a 15 jours et dont il admire le dernier album, on peut le lui retourner ! Tel qu’en lui-même, tel qu’on l’aime (mais pas trop, ce pudique qui pratique gentiment l’autodérision pourrait en être gêné…), Maxime le Forestier a rencontré son public au Prisme, mardi 3 mars.
Dès le départ un merci teinté d’humour aux 1 200 personnes venues écouter ses chansons, et l’annonce qu’aux titres du nouvel album, «Restons amants», se mêleront bien quelques anciens… Le dosage se met en place au début de chaque tournée, a-t-il expliqué une petite heure avant le concert au cours d’un sympathique entretien. «Lorsque je pars en concert, je mets toujours au programme toutes les nouvelles chansons. A la fin, il n’en reste plus que cinq. Là, j’en ai mis 11 sur 12 [toutes sauf « Hymne à la soie », ndlr], et il y en a toujours 11… alors que la tournée a commencé en octobre. Toutes les chansons ont trouvé leur place, même pour les gens qui ne les ont jamais entendu, ce qui est important pour moi.»
Des chansons équilibrées…
Il est vrai que «Restons amants» est le premier album de chansons originales depuis 8 ans. Alors «peut-être étaient-elles plus mûres... Ou cela vient de la méthode pour écrire : j’ai voulu réaliser d’abord une version guitare/voix de tous les titres, ce qui oblige à avoir une chanson équilibrée, sans compter sur les arrangements». Quand elles arrivent sur scène, «que les musiciens commencent à les jouer, tout devient confortable, je peux tout lâcher». Bien sûr, quand les musiciens sont de la qualité de Michel Haumont (guitare), Sébastian Quezada (chœurs et percussions) et le fidèle Patrice Caratini (contrebasse), on comprend aisément qu’ils «sont plus qu’un soutien, un accompagnement», insiste le chanteur. Il n’imagine pas se produire seul avec ses chansons, alors qu’il a enregistré sur scène en solo l’intégrale des chansons de «l’Ours», l’ami Georges : «je n’ai pas confiance dans mes chansons comme dans celles de Brassens».
Humilité d’un artisan pour qui on «peut commencer une chanson par tous les bouts, même la ligne de basse ou la rythmique», et dont «les périodes dites [par les autres] «de vaches maigres» ont été les plus fécondes en expériences, vers la musique contemporaine, ou en voyage au Brésil, au Canada…» Des 8 dernières années écoulées, il a partagé quelques moments avec le public du Prisme en chantant «Double Enfance», écrite pour Julien Clerc, «Tomber», écrite pour De Palmas, et bien sûr Brassens auquel il prolonge le clin d’œil en entonnant «La Visite» (souriante symétrie de «Supplique pour être enterré sur la plage de Sète»).
Ecoute attentive des nouveaux titres, joie et émotion sur «Fontenay-aux-Roses», «Mon Frère», «Né quelque part», «Bille de verre», «Education sentimentale», «San Francisco»… : le public retrouve son chanteur, celui des ballades mais aussi des accents jazzy ou des rythmes afro/caribéens renouvelant certaines orchestrations. Et même si le titre clôt la rencontre (toujours avec ce coin de sourire), celui qui a chanté «J’ai eu trente ans» et sur qui la soixantaine vient de tomber, est loin d’être guetté par la rouille…
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