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Géolocalisation
Le bourg, 15130 SAINT-SIMON
Par les fresques hongroises qui ornent l’église de Saint-Simon, la Commune rend hommage à Gerbert, né à Beillac et devenu le premier pape français en 999 sous le nom de Sylvestre II.
Accompagnée et guidée par le peintre Gábor Szinte, titulaire de chaire à l’Université des Arts de Budapest, une équipe hongroise a réalisé puis installé dans l’église de Saint-Simon des fresques retraçant la vie de Gerbert. Le fil d’une histoire débutée il y a plus de 1 000 ans, quand Sylvestre II fut à l’origine de la création de l’Etat hongrois.
Une œuvre inscrite dans l’édifice
Avant de peindre et de se lancer dans son travail, Gábor Szinte a visité l’église de Saint-Simon. Objectif : rester en harmonie avec le style de l’édifice et ne pas briser l’homogénéité de son intérieur. Il ne s’est toutefois pas inspiré des fresques romanes, préférant réaliser des peintures plus contemporaines.
En septembre 2003, la Commune de Saint-Simon approuve la maquette présentée par l’artiste. Douze tableaux décoreront l’église : huit dans la nef centrale, un sur l’abside, un sur la voûte gauche, deux sur la voûte droite. Ils mesuront 2,80 mètres et seront accrochés à 5,50 mètres au-dessus du sol (sauf celui de l’abside, qui occupe un quart de sphère).
La tour de l’église étant inscrite à l’Inventaire des Monuments Historiques, l’accord de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) est indispensable. Pour la décoration, il préconisera seulement qu’un ciel étoilé soit peint sur toute la voûte pour assurer la liaison avec la limite supérieure des fresques et relier l’ensemble des scènes.
Technique et réalisation
La structure de la voûte de l’église, en brique et bois, ne permettant pas à l’artiste de peindre directement sur les murs, Gábor Szinte a peint les toiles dans son atelier de Budapest en 2004. Celles-ci ont ensuite été marouflées, c’est-à-dire collées sur les parois de l’église. Avantage d’un tel procédé : les peintures ne sont pas en contact direct avec le mur ce qui évite qu’elles s’humidifient et moisissent. De plus, une substance antifongique a été appliquée sur les toiles et leur dos a été imperméabilisé. Les artistes ont également utilisé des peintures à l’huile spéciales, à la détrempe vinylique, afin d’éviter la décoloration.
La fresque de l’abside, qui suit la courbure de l’hémisphère, a été réalisée sur des plaques en polyéthylène renforcées de fibres de verre et recouvertes de peinture à l’huile mate, étalée sur un fond spécial.
A noter que le centre de la fresque est recouvert d’or à 23 carats.
Durant 4 semaines, Gábor Szinte, accompagné de deux artistes peintres/restaurateurs, László Domonkos et Miklós Balázs, a mis les toiles en place dans l’église. Pour assurer l’homogénéité de l’ensemble, les dernières retouches ont été faites sur place.
Puis, au-dessus et en-dessous des fresques exposées dans la nef, a été placée une bande de séparation grise, rappelant la couleur des pierres situées en bas du balcon. Pour finir, un artiste français spécialiste du travail
en église, Marc Violle, a peint un ciel étoilé sur toute la voûte pour assurer la liaison entre les fresques.
Culture européenne autour du pape Sylvestre II
Avant de les installer à Saint-Simon, Gábor Szinte a exposées les fresques en Hongrie, où elles ont rencontré un grand succès auprès du public. Plusieurs reportages ont d’ailleurs été tournés pour la télévision hongroise. Mieux : une équipe de cinéma accompagnant les artistes depuis le début de leurs travaux, était présente à Saint-Simon lors de la pause.
L’inauguration a eu lieu le 25 juin 2005, en même temps que les Européennes du Goût à Aurillac, événementiel sur lequel la Hongrie a tenu un stand. Une exposition historique, « Souvenirs du passé hongrois en France », a pour l’occasion été présentée à la Mairie de Saint-Simon. Exposition soutenue par le Ministère du Patrimoine Culturel hongrois et l’Association Mondiale des Hongrois.
Description des fresques
Les fresques balayent différents aspects de la vie de Gerbert : son enfance autour d’Aurillac, ses études, l’éducation qu’il donna aux empereurs germaniques, ses nominations d’archevêques puis de pape, enfin le couronnement d’Etienne.
Dans la Nef : deux séries de quatre tableaux
A gauche :
1/ Gerbert, fils de bergers, gardant les moutons aux environs de Saint-Simon, tout en passant son temps à regarder les étoiles ;
2/ Gerbert et les moines de l’abbaye Saint-Géraud d’Aurillac où il suivit la règle de l’ordre de saint Benoît et y approfondit ses études religieuses ;
3/ Les études de Gerbert en Espagne entre 967 et 970. Le « royaume de Barcelone » constituait un point d’échanges culturels entre l’Europe et le monde arabe. Gerbert profita de la richesse des bibliothèques des érudits catalans de Vich et Ripoll ;
4/ Le couronnement de Hugues Capet, en juin 987, où Gerbert était présent.
A droite :
5/ L’éducation de Otton II à Magdebourg. Otton le Grand, empereur d’Occident, nomme Gerbert éducateur de son fils puis de son petit-fils, qui lui succèderont respectivement sous les noms Otton II et Otton III. Otton le Grand a fait construire un observatoire à Magdebourg, grâce auquel Gerbert a pu donner des leçons d’astronomie ;
6/ Gerbert devient évêque de Reims en 991. Il a réalisé une étude sur les tuyaux d’orgue ;
7/ Gerbert est élu évêque de Ravenne en 998. Dès lors, il s’applique avec son disciple Otton III à unifier l’Europe ;
8/ Gerbert est nommé pape en l’an 999. Il tient la crosse à la main, rappelant la houlette qu’il tenait lorsqu’il était berger. De même, on retrouve l’agneau sous l’inscription « Roma ».
Abside : Le Christ sur son trône avec la Croix oblique et les deux archanges à ses côtés.
Voûte gauche : Le rêve de Sylvestre II. L’Archange Gabriel lui demande de remettre la couronne aux envoyés d’Etienne.
Voûte droite :
1/ La remise de la couronne à la délégation hongroise en l’an 1 000. Otton III se tient à côté de Sylvestre II.
2/ Le couronnement d’Etienne à Esztergom.
Visite pratique
Pour découvrir ses fresques, les visiteurs ont des audio-guides à leur disposition en trois langues : français, anglais et allemand. Ils sont à déposer et à louer dans un commerce proche de l’église. En plus de fournir des explications sur les fresques, le commentaire présente aussi les points remarquables à l’extérieur : le vieux pont, le Sully, la Tour Saint-Géraud.
C’est l’historienne Claude Grimmer qui a réalisé les commentaires, d’une durée totale d’environ 30 minutes.
Enfin, un livret bilingue français/hongrois décrivant les fresques est également disponible.
Coût et financement
Le montant total du projet s’établit à 241 573 € HT. La part de la Hongrie (matériaux, déplacement) correspond à la moitié de cette somme. Gábor Szinte a réalisé l’œuvre gratuitement et a payé 60% des matériaux, le reste étant financé par des partenaires privés hongrois. Côté français, la commune de Saint-Simon, qui apporte 11 214 €, a obtenu le soutien financier de plusieurs partenaires : Communauté d’Agglomération du Bassin d’Aurillac, Conseil Général du Cantal, Conseil Régional d’Auvergne, Direction Régionale des Affaires Culturelles, Etat, auxquels il faut ajouter l’apport de la réserve parlementaire.
> Contact
Mairie de Saint-Simon
Le Bourg
15130 St-Simon
tél. : 04 71 47 10 10
e-mail : mairiestsimon@wanadoo.fr
3 place des carmes, 15000 Aurillac. Tél : 04 71 46 86 30 - Fax : 04 71 46 86 32
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